Ici je t'emmène dans mon monde de l'Arbre:
« L’Arbre, ce vivant de l’Entre-deux »
Il existe des êtres qui ne parlent pas notre langue et qui, pourtant, ont tant à nous apprendre.
Les arbres sont de ceux-là.
Ils demeurent là, immobiles en apparence, les racines plongées dans l’obscurité de la terre et les branches ouvertes vers la lumière.
Ils habitent deux mondes à la fois.
Peut-être est-ce pour cela qu’ils nous parlent si intimement de l’Entre-deux.
Entre la terre et le ciel.
Entre l’ombre et la lumière.
Entre ce qui nous ancre et ce qui nous appelle.
Entre ce que nous avons été
et ce que nous sommes doucement en train de devenir.
La Déclaration des droits de l’arbre nous rappelle quelque chose d’essentiel : un arbre n’est pas un décor.
Il est vivant.
Il respire, grandit, s’adapte, traverse les saisons.
Il possède son propre rythme, son espace, son histoire.
Sous la terre, bien au-delà de ce que notre regard peut percevoir, ses racines cherchent l’eau, les minéraux, la stabilité.
Au-dessus de nous, son feuillage rencontre l’air et la lumière.
Et entre les deux se tient le tronc.
Comme un passage.
Comme un fil vivant reliant l’invisible au visible.
Alors une étrange ressemblance apparaît.
Nous aussi avons besoin de racines.
Des lieux, des êtres, des souvenirs, des valeurs, des expériences qui nous ont façonnés.
Certaines racines sont profondes et solides.
D’autres ont rencontré des pierres.
Certaines se sont entremêlées à celles des autres.
D’autres encore ont dû chercher longtemps avant de trouver une terre où poursuivre leur chemin.
Et pourtant…
Nos racines ne sont pas là pour nous retenir.
Elles sont là pour nous permettre de nous élever.
Francis Hallé nous invite à regarder l’arbre avec respect, prévoyance, modestie, non-violence et gratitude.
Ces mots pourraient presque devenir une manière de prendre soin du vivant en nous.
Et si nous cessions, nous aussi, de vouloir grandir trop vite ?
Et si nous respections davantage l’espace dont chacun a besoin pour déployer ses branches ?
Et si nous acceptions que certaines blessures ne demandent pas d’être immédiatement coupées, corrigées ou dissimulées, mais d’abord écoutées ?
Et si nous comprenions enfin qu’un être vivant ne se remplace jamais vraiment par un autre ?
Un arbre centenaire n’est pas l’équivalent de dix jeunes arbres.
Tout comme une histoire, une relation, une présence ou une vie ne se mesure pas seulement en quantité.
Le vivant possède une mémoire.
Il porte les saisons qu’il a traversées.
Dans les anneaux silencieux du bois demeure la trace des années généreuses, des sécheresses, des blessures, des recommencements.
Nous aussi portons nos saisons.
Il y eut des printemps.
Il y eut des hivers.
Des branches que nous avons laissées derrière nous.
Des bourgeons dont nous ignorions encore qu’ils deviendraient fleurs.
Et des périodes où, sous une apparente immobilité, quelque chose continuait pourtant de travailler profondément en nous.
Voilà peut-être ce que l’arbre murmure à celui qui accepte de rester un instant près de lui :
Tu n’as pas besoin d’être toujours en fleurs pour être vivant.
Il existe des temps pour pousser.
Des temps pour perdre.
Des temps pour offrir.
Des temps pour se retirer.
Et même lorsque rien ne semble bouger,
la sève poursuit son chemin.
Respecter l’arbre, alors, ce n’est peut-être pas seulement protéger une espèce végétale.
C’est apprendre une autre manière d’habiter le monde.
Une manière moins conquérante.
Plus attentive.
Plus humble.
C’est accepter que nous ne soyons pas seuls au centre du vivant.
C’est reconnaître autour de nous des présences plus anciennes que nos histoires humaines, des êtres qui existaient bien avant nous et qui, peut-être, continueront leur chemin lorsque nos pas auront disparu.
Alors, devant un arbre, nous pouvons simplement nous souvenir :
nous sommes, nous aussi, des êtres de passage.
Des êtres de racines et de lumière.
Des êtres traversés par une sève invisible.
Et peut-être que prendre soin d’un arbre,
c’est déjà apprendre à prendre soin de cette part fragile et vivante du monde…celle qui existe autour de nous,entre nous,
et profondément en nous.
"Reconnaître l’arbre comme un être vivant"
La Déclaration des droits de l’arbre nous rappelle une évidence essentielle : l’arbre n’est ni un décor ni un simple objet. Il est vivant.
Enraciné dans la terre et ouvert vers la lumière, il grandit à son rythme, traverse les saisons et participe à l’équilibre du vivant.
Reconnaître ses droits, c’est peut-être simplement apprendre à le regarder autrement : non pour ce qu’il nous apporte, mais pour ce qu’il est.
"Une invitation à changer notre regard"
Avec ses Dix commandements pour les arbres, Francis Hallé nous invite à dépasser la simple protection pour entrer dans une véritable relation au vivant.
Respect, modestie, attention, non-violence et gratitude deviennent alors une autre manière de regarder l’arbre : non comme une ressource, mais comme un vivant à nos côtés.
"Et si l’arbre devenait miroir ?"
Ses racines, ses blessures, ses saisons et ses renaissances résonnent parfois avec les nôtres.
Sans cesser d’être pleinement arbre, il devient un miroir sensible de nos chemins : s’enraciner, traverser, laisser partir… et continuer à grandir.
Poursuivre vers Traversée™Pour explorer nos propres racines, nos cycles et ces passages qui nous transforment.
Découvrir le livret Deux écosystèmes : une même intelligence
Pour aller plus loin dans les étonnantes résonances entre l’être humain et la forêt, et découvrir ce que leurs écosystèmes nous racontent du vivant.
Du vivant autour de nous au vivant en nous… un même fil se tisse.
Mélanie